VSME : comprendre la norme volontaire de reporting de durabilité pour les PME

Fleurs dans un champs en France

Comprendre la VSME en 5 définitions (pas sexy) mais simples


VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs) :

Standard volontaire de reporting de durabilité destiné aux micro-entreprises et PME non cotées, recommandé au niveau européen pour faciliter un reporting ESG proportionné.


ESG (Environmental & Social Gouvernance) :

Informations environnementales (E), sociales (S) et de gouvernance (G) utilisées pour piloter l’entreprise et parfois répondre aux attentes des parties prenantes (clients, banques, investisseurs, talents, assureurs).


CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) :

Directive européenne qui renforce les obligations de reporting de durabilité pour certaines entreprises (principalement grandes entreprises et entreprises cotées), via des standards européens appelés ESRS.

ESRS (European Sustainability Reporting Standards) :

Standards européens de reporting (plus détaillés) élaborés avec l’appui technique d’EFRAG pour les entreprises dans le champ de la CSRD.


EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group) :

Organisme européen qui développe, entre autres, les standards de reporting de durabilité (dont la VSME) et des ressources d’implémentation (taxonomie XBRL).

 

Point clé : la VSME n’est pas “une mini-CSRD”. C’est un cadre volontaire, pensé pour être simple, comparable et réutilisable face aux demandes ESG répétées.

 

Pourquoi la VSME devient un “langage commun” pour les PME

Beaucoup de PME ne sont pas soumises à la CSRD, mais elles se retrouvent quand même sollicitées parce qu’elles sont dans la chaîne de valeur d’entreprises, de banques ou d’investisseurs qui, eux, doivent produire des informations durabilité. La Commission européenne positionne explicitement le standard volontaire comme un moyen de réduire la charge des PME en standardisant ce qu’on leur demande.


Concrètement, la VSME sert à :

  • Structurer un socle ESG cohérent (au lieu de répondre au cas par cas à des questionnaires hétérogènes).

  • Améliorer la qualité des décisions internes (énergie, risques, politique RH, gouvernance, etc.).

  • Parler un langage compréhensible par des tiers (banques, assureurs, grands comptes) sans déployer un dispositif lourd.


VSME, CSRD, ESRS : ce qui est obligatoire, ce qui est volontaire

  • ESRS : standards de reporting destinés aux entreprises dans le champ de la CSRD (obligatoire pour ces entreprises).

  • VSME : standard volontaire recommandé au niveau européen pour les PME non cotées et micro-entreprises, avec un objectif de proportionnalité.


    Et le contexte “Omnibus I” ?

    La Commission européenne a présenté en 2025 un paquet de simplification (“Omnibus I”) qui vise notamment à ajuster le périmètre et la mise en œuvre du reporting de durabilité, et à renforcer l’usage d’un standard volontaire pour les entreprises hors périmètre (ou moins exposées).

 

Vigilance : les textes et seuils “cibles” peuvent évoluer selon l’issue des discussions et des actes adoptés. Pour un cas spécifique, à valider avec votre conseil (juridique/comptable).

 

Les deux modules de la VSME : base vs complet

Tableau comparatif (effort, contenu, cas d’usage)

  • Module de base : le socle de données ESG (environnement, social, gouvernance).

  • Module complet : des informations complémentaires, plus narratives (politiques, pratiques, objectifs), pour aller plus loin

Tableau comparatif

Élément Module de base Module complet
Objectif Déclarer un socle ESG comparable Expliquer la stratégie, les politiques et les risques
Type d’informations Plutôt “données et faits” Données + éléments narratifs (politiques/objectifs/gestion des risques)
Charge de travail Faible à modérée Modérée (selon maturité)
Bon cas d’usage Première structuration, réponse à un client/banque Différenciation, pilotage, maturité RSE plus avancée

Exemples d’indicateurs : biodiversité (B5) et risques climatiques (C4)


B5 – Biodiversité (module de base)

L’indicateur B5 vise à divulguer le nombre et la surface (hectares) des sites détenus, loués ou gérés par l’entreprise situés dans ou proches de zones sensibles de biodiversité.

Comment l’aborder simplement (approche “mesurée”) :

  • Cartographier vos sites et leurs proximités avec des zonages de sensibilité (aires protégées, zones à enjeux, etc.).

  • Documenter la surface concernée et le niveau de dépendance/impact principal (artificialisation, prélèvements, bruit/lumière, pollution, etc.).

  • Décrire des mesures de gestion proportionnées (éviter, réduire, restaurer quand pertinent), sans sur-promettre.

C4 – Risques climatiques (module complet)

L’indicateur C4 porte sur l’identification et la description des risques climatiques (physiques et/ou de transition) pertinents pour l’entreprise.


Comment Maa Biodiversity peut aider sur les sujets biodiversité et nature ?

Pour les PME ayant des sites, des projets, ou des dépendances au vivant (foncier, approvisionnements, eau, zones à enjeux), la partie biodiversité de la VSME (ex. B5) devient souvent le point le plus difficile à objectiver rapidement.


Chez Maa Biodiversity, notre approche est de vous aider rapidement à mesurer : diagnostic biodiversité et cartographie , indicateurs compréhensibles et traçables, puis plan d’action proportionné. Cela peut aussi servir de passerelle vers des cadres et trajectoires plus complètes (SBTN, TNFD, ESRS E4) quand la maturité et les enjeux le justifient.

En savoir plus

Qui est concerné “PME” au sens des seuils (rappel utile)

En droit français (Code de commerce), on retrouve des seuils usuels (deux des trois critères) : micro-entreprises, petites et moyennes entreprises, notamment via les articles de référence et seuils publiés.

  • Micro-entreprise : bilan 450 k€, CA 900 k€, 10 salariés.

  • Petite entreprise : bilan 7,5 M€, CA 15 M€, 50 salariés.

  • Moyenne entreprise : bilan 25 M€, CA 50 M€, 250 salariés.


Conclusion : utiliser la VSME comme socle, puis approfondir

La norme VSME est une opportunité : elle offre un cadre volontaire et pragmatique pour structurer un reporting ESG de PME, répondre aux demandes externes et progresser sans basculer dans un dispositif disproportionné.

Le bon réflexe est de démarrer par le module de base, de sécuriser la qualité des données, puis d’élargir (module complet) là où vos risques, impacts et priorités business le justifient.


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